Soutien à la filière automobile au Mans avec Bruno Bernard

Courrier adressé aux salariés du secteur automobile le 20 mai 2021, rencontrés au Mans le 22 mai à l’occasion d’une venue de Bruno Bernard.

Chères salariées et chers salariés, chères et chers intérimaires, chers représentants syndicaux, chers dirigeants du secteur automobile,

Comme 400 000 Françaises et Français, vous travaillez pour un secteur majeur de l’industrie en France, fort de son savoir faire et très implanté en Pays de la Loire : l’automobile. Un secteur en difficulté face à des risques structurels (délocalisations massives, désinvestissement dans l’appareil productif local) couplés à des événements conjoncturels (réduction de charge liée à la crise sanitaire, pénurie de semi-conducteurs), un secteur dont les emplois sont régulièrement menacés et que nous devons soutenir et accompagner dans la transition écologique.

Nous ne voulons pas nous satisfaire de la situation actuelle, sur laquelle les politiques aux responsabilités nationales et régionales devront d’ailleurs assumer leurs décisions hasardeuses. Pourquoi la France est-elle le pays européen qui a le plus délocalisé sa production automobile depuis le début des années 2000, encore tout récemment avec Stellantis (ex-PSA) ou certaines des activités assurées par ses sous-traitants en Vendée ? Pourquoi si peu de soutien de LR et de Christelle Morançais à la sauvegarde de nos emplois dans le secteur ? Pourquoi LREM et François de Rugy ont-ils refusé toute conditionnalité aux aides massives (et nécessaires) données aux constructeurs automobiles, cette absence de conditionnalité qui du coup accélère encore le rythme de délocalisation ? 

Certains de nos concurrents politiques aux régionales des 20 et 27 juin, préfèrent caricaturer les écologistes qui seraient “anti-voitures”, “décroissants”, “anti-industrie automobile”, “anti-emplois ouvriers”… Balivernes ! Avec vous, nous préparerons sérieusement l’avenir du secteur ! Oui, les véhicules propres doivent et peuvent être produits prioritairement chez nous : nous avons les compétences humaines, les constructeurs et les sous-traitants. Oui, nous pouvons préserver nos emplois et même en développer d’autres sur les nouvelles mobilités, en mobilisant l’innovation, comme Valéo à Sablé-Sur-Sarthe sur les futures batteries. Oui, nous pouvons agir pour réduire notre vulnérabilité. Comment pouvons-nous accepter que l’usine Renault du Mans tourne à faible capacité depuis des mois en raison d’une pénurie de semi-conducteurs ? Oui, nous pouvons avoir les réponses aux grands enjeux de demain, dont celui de l’abaissement du poids des véhicules.

Nous, écologistes, citoyens non-encartés ou membres des 10 partis et forces politiques qui soutiennent notre grand rassemblement, solidaires des travailleuses et des travailleurs, sommes déterminés à enrayer le déclin de l’industrie automobile en Pays de la Loire et à redonner des perspectives d’emplois et de développement économique aux acteurs de ce secteur, tout en accompagnant et favorisant mieux sa transformation écologique. Quelques-unes de nos propositions concrètes :

  1. Afin de nourrir le dialogue social et de poser les bases d’un avenir durable pour l’emploi de ce secteur, nous proposons d’organiser en Pays de la Loire et dès septembre 2021, les premiers “Etats généraux de l’automobile”, initiative proposée par des syndicats (dont la CFDT) et organisations de la société civile. L’industrie automobile est trop importante pour dépendre des stratégies d’un petit cercle de donneurs d’ordre, qui nous ont valu délocalisations et désinvestissement dans l’appareil productif local. Il est temps de décider ensemble et en toute transparence des stratégies industrielles sur notre territoire, en mobilisant les salariés et leurs représentants.
  2. L’objectif numéro 1 doit être la relocalisation : nous soutenons la proposition de la CGT Renault de relocaliser en Sarthe la production des Dacia. Valorisons les savoir-faire de l’usine NTN d’Allonnes, pour l’emploi local et le maintien de notre pilier industriel.
  3. La transition écologique de l’industrie, créatrice de valeur, peut s’accélérer grâce à l’investissement public : nous proposons que la Région entre au capital de certains sous-traitants de votre filière pour mieux les accompagner, notamment par la conversion de Prêts Garantis par l’Etat de PME.
  4. Parce que l’écologie, c’est l’emploi, l’emploi durable et désirable, nous proposons la création de 50 000 emplois “verts pour toutes et tous” pour favoriser l’évolution des compétences et des formations qualifiantes.
  5. L’avenir de l’industrie automobile passe aussi par une orientation de la formation professionnelle vers les filières d’avenir, des jeunes comme des salariés : nous lancerons un programme campus d’avenir “Pays de la Loire 2030” complémentaire des pôles existants, associant recherche, innovation, industrie et formation.
  6. Une filière prospère écologiquement, qui répond aux besoins d’une plus grande sobriété, c’est une filière qui intègre pleinement les logiques de l’économie circulaire, elle-même créatrice de valeur. Nous soutiendrons le développement de la conversion des moteurs, le recyclage, la réparabilité et le reconditionnement des véhicules.
  7. Notre industrie doit gagner en résilience face aux aléas du commerce international et être ambitieuse en matière sociale et environnementale. Nous souhaitons maintenir les industries sur le territoire des Pays de la Loire et en accueillir d’autres. C’est pourquoi nous soutiendrons le développement d’une usine de production de semi-conducteurs en Pays de la Loire, en co-investissant 10 M€ aux côtés des industriels qui voudront porter le projet. Notre territoire avait encore 2 usines de production il y a quelques années. On voit où nous a menés la délocalisation à l’extrême…
  8. Nous soutiendrons activement la transition de l’industrie automobile dès lors que les aides publiques seront conditionnées au respect d’engagements écologiques, d’égalité hommes-femmes et de maintien de l’emploi local.

Non, la désindustrialisation du secteur automobile n’est pas une fatalité. Nous mettrons en place, dans le dialogue avec tous les acteurs, une stratégie industrielle de conversion écologique et d’emplois durables pour l’automobile dans la région. Voilà la voie que nous voulons tracer pour les Pays de la Loire.

Respectueusement, 

Matthieu Orphelin – Tête de liste régionale pour L’Écologie ensemble, solidaire et citoyenne

 

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